Histoire

Joséphine Baker au Panthéon

Comme Maurice Genevoix, l’année dernière, cette année le Panthéon accueille Joséphine Baker le 30 novembre 2021, sixième femme « immortelle » et première femme de couleur à entrer dans ce lieu symbolique. Joséphine Baker est une chanteuse, une danseuse américaine et française mais aussi une résistante durant la Seconde Guerre mondiale. Elle est tombée amoureuse de ce pays durant l’entre-deux guerre où elle devient rapidement une icône du cabaret et des années folles.

Les débuts difficiles

Née en 1906, Freda Joséphine McDonald plus connue sous le pseudonyme Joséphine Baker, est issue d’une famille pauvre du Missouri aux États-Unis. Ses parents sont artistes et créent des numéros de spectacle pour gagner un peu d’argent. Durant toute son enfance, elle travaille pour des familles aisées.

Joséphine Baker aime la danse depuis toute petite, dans la même lignée que ses parents, elle rejoint une troupe de danse et commence à danser à Philadelphie puis arrive a New York afin de tenter sa chance à Broadway

Alors âgée de 16 ans et après deux mariages, Joséphine qui commence à monter en gamme est vite repérée par Caroline Dudley Reagan, proche du secrétaire Donald J. Reagan. Elle lui propose alors un rôle qui va la pousser au succès dans la célèbre pièce la Revue nègre

Un voyage qui va changer sa vie

Sa troupe est en tournée en France, les salles sont combles et le spectacle alors joué au Théâtre des Champs-Elysées est un carton. Pour elle, ce voyage est vécu comme une libération, elle dit à ce sujet :

«Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris »

Joséphine Baker

Elle s’installe en France dans les années 30 au château des Milandes en Dordogne et continue ses tournées en France. En 1931, elle commence également à chanter et gagne un succès avec sa chanson « J’ai deux amours » composé par Vincent Scotto.

Espionne, résistante française et résistante anti-racisme

Dès le début de la guerre, Joséphine Baker s’engage dans le contre-espionnage français, puis après la défaite française, dans la France Libre. Envoyée en Afrique pour soutenir les armées, elle compose des musiques où elle dissimule des messages dans les partissions. A la fin de la guerre, elle est décorée de la médaille de la Résistance, ainsi que de la Croix de guerre 39-45 et de la Légion d’honneur.

Elle revient plusieurs fois aux États-Unis pour retenter le succès américain mais également pour soutenir les causes des personnes victimes de racisme. En 1964, elle participe au célèbre discours « I have a dream » de Martin Luther King, mais quelques années après, elle est victime de plusieurs arrestations et n’est pas bien vu par le FBI qui a alors un dossier sur elle à cause de ses participations aux manifestations anti-racisme.

Les années qui suivent, Joséphine perd son château en Dordogne et souffre d’énormes dettes mais continue de jouer au cabaret. Elle est de retour le 9 avril 1975 à Paris et termine sa dernière représentation. Le lendemain, victime d’une attaque cérébrale, elle est transportée à l’hôpital et décède deux jours plus tard à 68 ans.

Joséphine Baker en 1948
Hommages et entrée symbolique

Joséphine Baker est la 6e femme à entrer au Panthéon et la première femme de couleur à rejoindre ce lieu symbolique. Elle repose depuis ce jour, au cimetière de Monaco. Sa famille ayant voulu laisser à Monaco sa dépouille, de la terre provenant du lieu de naissance et du lieu de sa tombe sera transporté dans un cimetière afin de rejoindre le Panthéon.

Le Panthéon arbore un grand mapping, devenu symbole de l’entrée au Panthéon déjà testé lors de la cérémonie de Maurice Genevoix. Un mapping représentant son parcours au travers des moments importants de sa vie, de la simple danseuse et chanteuse à la femme résistante américaine et française. La phrase de fin était donnée au Président de la République, Emmanuel Macron, qui salua la femme combattante.

« Ma France, c’est Joséphine »

Emmanuel Macron, 30 novembre 2021, entrée de Joséphine Baker au Panthéon
Joséphine Baker en 1964 lors du discours de Martin Luther King

Valentin Mayot.

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