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Un an de covid-19 et de cours en distanciel : témoignages d’étudiants

« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 ». Cette phrase d’Emmanuel Macron a marqué les étudiants, cela fait en effet maintenant 1 an qu’a eu lieu le premier confinement en France. Cet événement a marqué toute la population et plus particulièrement les étudiants. Ceux-ci ont en effet été les premiers touchés par les changements qu’a engendrés la crise sanitaire et continuent de voir leur quotidien bouleversé. 

Pour pouvoir au mieux traiter de ce sujet, nous avons interviewé des étudiantes issues de différents milieux d’études, qui ont témoigné de leurs conditions face au covid-19 

Les cours en distanciel sont difficiles à suivre 

Le distanciel représente pour un grand nombre d’étudiants la majorité des cours à suivre. Même si certaines écoles ont été autorisées à faire venir les étudiants deux fois par semaine en présentiel, les cours à distance font toujours partie du quotidien des étudiants.

Nous avons interrogé Mathilde, 23 ans, étudiante sur Brest, qui est actuellement en Licence Professionnelle Métiers du Notariat (B+3) sur son ressenti face aux cours à distance :
« Nous n’avons que des cours à distance. Les enseignants nous ont dit que l’on pouvait rendre nos logements dès début février car un retour en présentiel était impossible. Mais finalement, une fois que les procédures de fin de bail étaient lancées, nous avons eu la possibilité de reprendre en présentiel pour ceux qui pouvaient. Après avoir été 7 sur 22 étudiants à rendre nos logements, ils ont tout de même décidé de faire les partiels en présentiel.” 

Pour Elodie, 22 ans, étudiante à Lyon en L2 Histoire, les contradictions entre les différentes prises de décisions sont aussi présentes :
“Je suis en distanciel et en présentiel. Les infos changent en ce moment. J’ai cours une semaine sur deux, avant c’était une semaine sur trois, le lundi, jeudi et le vendredi. Mais j’ai des cours de 16h à 20h donc si je vais à celui de 16-18, je loupe forcément l’autre qui est en distanciel aha. »

L’impact de la situation sur la santé mentale des étudiants 

La détresse psychologique des étudiants s’est fortement renforcée face à la crise sanitaire. 76 % des jeunes de 18-30 ans ressentent l’impact de la crise sur leur santé mentale, dont près d’un tiers de façon critique, selon l’étude #MoiJeune réalisée en janvier 2021 par 20 Minutes.

Je suis mentalement épuisée

Pour Mathilde, les professeurs ne prennent pas assez en compte la charge mentale et la santé des étudiants : “Je suis mentalement épuisée. Je ne suis pas du genre à me plaindre normalement, je m’estime chanceuse par rapport à d’autres, mais les enseignants nous prennent pour des idiots. Aucun positionnement possible sur les examens pendant 2 mois, des mails en week end à 21h pour nous mettre des coups de pression sur des examens, des accusations de tricheries sans aucune preuve, des menaces de poursuites devant la commission de discipline … En matière d’organisation c’est très dur aussi, j’ai l’impression d’être débordée par la tonne de boulot que nous donnent les profs avec les projets et les mémoires que nous avons à rendre…”

L’absence de soutien de la part des professeurs et des facultés n’arrange donc pas les choses.

Avec les journées passées devant l’écran j’ai développé des migraines et beaucoup de difficultés à m’endormir

Pour Morgane, 19 ans, étudiante à Lorient en L2 sanitaire et social, suivre des cours toute la journée à travers un écran, sans changer d’environnement et sans interactions sociales est autant épuisant physiquement que mentalement : “J’ai beaucoup de mal à m’organiser et à me motiver à travailler, j’ai l’impression d’être plus fatiguée que lorsque j’étais en présentiel. Avec les journées passées devant l’écran j’ai développé des migraines et beaucoup de difficultés à m’endormir” 

De nombreux étudiants ont développé des troubles de l’anxiété, du stress et cela à cause de la forte charge mentale ainsi que du manque de relations sociales. En effet, une étude de l’Institut français d’opinion publique (Ifop) pour l’association Astrée révèle que 18% des étudiants se déclarent toujours ou souvent confrontés à la solitude. Ce chiffre a augmenté de 5 points par rapport à 2018.

Une situation financière inquiétante 

La précarité étudiante a explosé depuis le premier confinement. Selon une étude de l’Ipsos, 74% des jeunes interrogés ont estimé avoir rencontré des difficultés financières. Un tiers d’entre eux auraient même dû renoncer à des soins pour cette raison.

Cette année est compliquée côté financier

Pour Marine, 23 ans, étudiante à Amiens en troisième année de licence science sociale, le manque de jobs étudiants, surtout pour ceux touchant peu d’aides, est un réel problème :“ Cette année est compliquée côté financier, j’ai très peu de revenus et de bourses et je ne trouve pas du tout de job étudiant, je n’ai que des refus… Je ne sais plus quoi faire et j’avouerais que ça commence à me déprimer… “ 

Afin de lutter contre la précarité étudiante en hausse, le gouvernement a mis en place l’opération 1 repas = 1€, où tous les étudiants, boursiers ou non, peuvent bénéficier de deux repas par jour au tarif de 1 euro chacun dans les restaurants universitaires du Crous.

Photo : ministère de l’Enseignement supérieur 

La mise en place d’aides pour les étudiants

Pour apporter du soutien aux étudiants, autant sur le plan économique que psychologique, l’État a mis en place plusieurs dispositifs.
Des dispositifs de soutien psychologique sont proposés pour les étudiants confrontés à une situation de mal-être. Ceux-ci peuvent désormais bénéficier d’un accompagnement psychologique par un psychologue et cela totalement gratuitement grâce au « chèque psy étudiant ».

Dans le cadre du plan « 1 jeune 1 solution », un service de mentorat va être proposé aux jeunes. Cette entraide de la part d’un actif ou un retraité, a pour objectif d’accompagner des étudiants sur le moyen et le long terme, de leur redonner confiance en eux et d’élargir leurs horizons. En créant des ponts intergénérationnels, on espère favoriser des parcours de réussite éducative et professionnelle. 

Enfin, concernant l’emploi, le gouvernement a mis en place des compensations et des aides pour les jeunes de moins de 26 ans recrutés en CDI ou CDD ou pour les alternants. 

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